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T’y crois encore… 


Dis… Dis…


T’y crois encore toi au changement du monde
Plus de croix à porter, bouleversement du mode
Plus de choix réversibles, d’avancement plus commode
Plus de couacs si prévisibles dans les pays du Tiers-monde

Moi j’y crois pas, tout n’est que répétition
Depuis la nuit des temps on fonce en perdition
Et puis la pluie tout le temps enfonce nos conditions
La pluie acide n’attend que notre dissolution

T’y crois encore toi au revirement de l’humanité
A quoi tu joues, où virevolte ta puérilité
Tu accrois ta révolte qui vire en vaine futilité
Au détroit de l’espoir ton navire va couler

Moi j’y crois pas, doucement nous nous noyons
D’un endroit à l’autre on se ment à profusion
Non droit, pauvreté, on se vend sans rémission
Étroits de lâcheté… de lente confusion


Refrain :
« T’y crois toi, moi j’y crois plus, pourtant comme toi j’y ai cru
Le monde est à vendre, une valeur marchande au prix bradé
L’homme est à pendre, un marchand de malheur à l’esprit dégradé
T’y crois toi, moi j’y crois plus, pourtant comme toi j’y ai cru »


T’y crois encore toi au respect, à l’égalité
Tu crois qu’elle va stopper la fonte des glaciers
Que le poids des morts ne va plus doper les JT
Et que le doigt d’une fée va se poser sur les enfants guerriers

Moi j’y crois pas, on avance en marche arrière
Par l’or noir réquisitionné en marge de la misère
Véhiculant les réquisitoires des dictateurs
Légiférant l’inquisition des « fourvoyeurs »

T’y crois encore toi que tes dons vont aux organisations
Sans détours à Monaco, organe de capitalisation
Et les tours de con de Bush, sans aération
Pour les peuples et le sien qui virent à l’aliénation


Moi j’y crois pas au changement du monde
Je ne vois pas d’évolution quand je le sonde
L’histoire n’est faite que de haine profonde
Et les envolées positives pas assez fécondes


Refrain :
« T’y crois toi, moi j’y crois plus, pourtant comme toi j’y ai cru
Le monde est à vendre, une valeur marchande au prix bradé
L’homme est à pendre, un marchand de malheur à l’esprit dégradé
T’y crois toi, moi j’y crois plus, pourtant comme toi j’y ai cru…
Pourtant comme toi j’y ai cru… et j’en suis revenue…
Et j’en suis revenue »


Psyché

La vie est une illusion

Le réveil sonne, je l'éteints et ne me lève pas
Je tourne le dos au soleil qui par la fenêtre s'ébat
Neuf heure résonne, je ne me réveille toujours pas
Paupières closes, je ferme le jour qui est là

A quoi bon, une journée de plus à passer
Tout dehors vit dans un bruit de désaxés
Je remonte la couette, ça va passer, mais,
Non, la vie appelle les trépassés fatigués

J'ouvre les yeux, mais y a rien à voir
Clope pour me « désembrumer » et café noir
Y'a rien à faire, je file dans la baignoire
S’écoule l'eau sur ma peau, coule mon regard

Pensées perdues, je me perds dans mon esprit
Quel jour sommes nous, lundi, mardi ?
Quelle importance, j'aurai oublié à midi
Voilà j'suis prête, prête à quoi, pas d'envies !

P't'être je vais faire semblant d'être un gens !
Un gens parmi les gens, m'immiscer doucement
Doucement j'vais croire que nous sommes vivants
Doucement comme tout l'monde je fais semblant

P't'être j'vais sortir de chez moi, il est l'heure
Mais p't'être j'vais attendre encore une heure
Ou deux, c'est pas si long, le temps est un passeur
Passe temps de nos ombres, âmes sœurs


Refrain :
La vie est une illusion qui nous fait croire que nous en sommes les auteurs
La vie est une illusion qui nous pousse à croire que nous en sommes les acteurs
La vie est une illusion dont je me fais pour quelques soirs, le narrateur
La vie est une illusion, secret de magicien, nous n'en sommes que les lecteurs


Déjà midi, j'ai faim mon âme crie famine
Que vais-je faire aujourd'hui me turlupine
J's'rai pas encore élue artiste féminine
De l'année passée à user et tailler des mines

J'trouve rien à me mettre sous la dent
Me décide à sortir, suis agressée par le vent
Suis la route que suivent tous les gens
Pleine de dédales, de détours et d'accidents

Le vent est plus fort que le soleil, j'ai froid
Est-ce qu'un jour la chaleur m'enveloppera ?
Je marche, je marche, je m'éloigne de moi
Et des pages du livre que je ne lirai pas

J'étais tellement bien sous ma couette
Et me voilà face au miroir aux alouettes
Peau d'âne au milieu des Narcisses infectes
Des Candides, des peaux d'chagrin muettes

Je monte dans l'tram, des collégiens s'agitent
Jouent leur comédie, n'en réalisant pas les limites
Croyant être les maîtres du jeu qui très vite
Leur montrera ces failles et ces règles morbides

Des têtes de déterrés ayant perdus le contrôle
Montent à l'arrêt Place Stalingrad et me frôlent
Reflux d'une nuit passée à s'influencer d'alcool
Trop d'affluence, musique sur les oreilles je m'envole

Refrain

Bordeaux, terminus, je descends Place de la Victoire
Je croise ceux qui courent après leur heure de gloire
Des mains se tendent, regards perdus des clochards
Des mômes qui rient, qui pleurent, des vieillards

Des visages marqués de cernes, de bleus, de rides
De ceux qui ont su lire entre les lignes, le vide
Ceux qui savent que leur bouquin est un bide
Et ceux qui rêvent de s'écrire une histoire intrépide

J'continue ma course folle au milieu des boutiques
Marathon d'une journée, d'un roman prosaïque
J'achèterais bien une baguette, un truc ésotérique
Pour faire de ce racontar un conte fantastique

Mais le temps se couvre dans ma tête, la pluie
Les héros d'autres scènes se hâtent que c'est déjà fini
Je prends le chemin du retour, le train d'une vie
Dont je ne suis ni, ni, ni…

Le ciel commence à prendre sa couleur irisée
Douce lumière annonçant la fin de la journée
D'un de ces jours sans fin qui a débuté
Un chapitre d'un livre que j'ai débouté

Je rentre chez moi rejoindre enfin mon lit
Que j'aurais pas dû quitter sans raccourcis
Le spectacle s'achève pour aujourd'hui
Peut-être vais-je m'endormir dans une autre vie.


Couleurs de cendres de Gérard Seyeux, Editions Le Serpolet, est en vente au prix de 7 euros dans les librairies :
- Montaigne, 6 place des Deux Conils, 24100 Bergerac
- La Machine à lire, place du Parlement, 33000 Bordeaux

Je suis né une année sans neige
Et pourtant il y avait tant de tourments,
Du vent, des tempêtes à tout va,
Une vie qui commençait.
Fragrances de poussières
Tels étaient les prémices.
Les années suivantes, il y eut de la neige.

Gérard Seyeux

Oiseau vert

L'amour est un
oiseau vert dans
le champ d'azur
du petit matin
Comme on revient
toujours au même
square
on ne sait pas
quel matin vous
réveillera
du long sommeil
de l'absence
Champ d'azur oiseau vert

Maÿlis

Amour

J'avais pensé à t'aimer
à te suivre au long des jours
à t'écouter parler sans fin
J'avais pensé à te confier
mes songes et mes espoirs
à te donner tout ce
que je possédais
J'avais pensé avoir
prés de moi
quelqu'un qui saurait écouter
le chant de la pluie
sur les dalles
la complainte du vent
un horizon sans fin
qui nous emporterait.

Maÿlis

Fleurs

Notre vie est pleine de fleurs
Il y a les fleurs des pensées,
Il y a les fleurs de douleurs
A celles des larmes tressées.

Il y a les fleurs du matin,
De la surprise et de la joie.
Des mains sereines du Destin,
Elles pleuvent sur notre voie.

Elles dressent autour de nous
Leurs petites têtes pensives.
Il y a les fleurs des yeux doux
Et des prunelles attentives.

Auprès des roses de l'amour,
Les asphodèles du silence.
Elles fleurissent chaque jour,
Et chaque instant nous les dispense.

Les fleurs des devoirs journaliers,
Les lys des vêpres du dimanche.
Elles forment un frais collier
Couleur de rêve et de pervenche :

Elles ont le parfum des bois.
Elles couronnent nos journées.
Il y a des fleurs d'autrefois
Dont quelques unes sont fanées.

Dans notre coeur nous les berçons :
Il y a les fleurs des caresses,
Celles du rire et des chansons,
Et celles des vieilles promesses.

Elles ont la forme des pleurs,
Le mystère des lèvres closes...
Notre vie est pleine de fleurs,
Notre vie est pleine de roses.

Françoise
  

Danser dans une ronde folle
Au pas lent de longues nuits blanches
Comme autant de notes
Jetées sur une partition désarticulée
Encore des mouvements
De temps en temps
Les mondes ailleurs
Dans la tête la folie
Tourner pour exorciser
La crainte de rester sur place.
Gérard Seyeux
  

De l’antre de la nuit
Surgit une encre sombre
Comme sombrent
Des milliers de navires
Qui n’arrivent jamais au port
Salut différé
Après des frayeurs digérées
Salut espéré
Quand pointe l’aube désirée
  

Trois poèmes
  

Ce désir de mort venu
D’un désir de vie plus profond
Comme une rivière
Qui sort d’un lac en torrent
Cascade d’idées noires
Assemblée de cauchemars
Peuples de rêves inassouvis
Soumission des membres
Aux pulsions du cerveau
  

Rêveries: éphémère déréliction

Je tremble de joie et de peur
A ce qui vient et qui s'en va.
Je ne sais si je vis ou meurs
Le jour sans fin ne finit pas.

J'attends la mort, j'attends la vie :
Ce qui est venu reviendra.
Le jour est clair, mon cœur aussi ;
Je suis en prison dans mes bras.

Amours rêvés de ma jeunesse
Se sont enfuis avec le temps ;
Mais que jamais ne disparaisse
Le souvenir que je t'attends.

La solitude me dévore,
Encore une saison passée.
Chaque matin l'aube s'endort
Aux creux des anciennes années.

Je ne saurai pas qui je suis
Etrangère à mon territoire,
Avec mes larmes s'est tarie
La belle image du miroir.

Soucis, douleurs et mauvais rêves
Sont les maisons de mon voyage,
Et toujours commence et s'achève
Le cours ennuyeux de mon âge.

Aveuglée par le grand soleil,
J'attendrai que la nuit m'éclaire.
Ici et là-bas sont pareils,
Ici et là-bas je me perds.

Je tremble de joie et de peur
A ce qui vient et qui s'en va
Je ne sais si je vis ou meurs
Le jour sans fin ne finit pas.