La vie est une illusion
Le réveil sonne, je l'éteints et ne me lève pas
Je tourne le dos au soleil qui par la fenêtre s'ébat
Neuf heure résonne, je ne me réveille toujours pas
Paupières closes, je ferme le jour qui est là
A quoi bon, une journée de plus à passer
Tout dehors vit dans un bruit de désaxés
Je remonte la couette, ça va passer, mais,
Non, la vie appelle les trépassés fatigués
J'ouvre les yeux, mais y a rien à voir
Clope pour me « désembrumer » et café noir
Y'a rien à faire, je file dans la baignoire
S’écoule l'eau sur ma peau, coule mon regard
Pensées perdues, je me perds dans mon esprit
Quel jour sommes nous, lundi, mardi ?
Quelle importance, j'aurai oublié à midi
Voilà j'suis prête, prête à quoi, pas d'envies !
P't'être je vais faire semblant d'être un gens !
Un gens parmi les gens, m'immiscer doucement
Doucement j'vais croire que nous sommes vivants
Doucement comme tout l'monde je fais semblant
P't'être j'vais sortir de chez moi, il est l'heure
Mais p't'être j'vais attendre encore une heure
Ou deux, c'est pas si long, le temps est un passeur
Passe temps de nos ombres, âmes sœurs
Refrain :
La vie est une illusion qui nous fait croire que nous en sommes les auteurs
La vie est une illusion qui nous pousse à croire que nous en sommes les acteurs
La vie est une illusion dont je me fais pour quelques soirs, le narrateur
La vie est une illusion, secret de magicien, nous n'en sommes que les lecteurs
Déjà midi, j'ai faim mon âme crie famine
Que vais-je faire aujourd'hui me turlupine
J's'rai pas encore élue artiste féminine
De l'année passée à user et tailler des mines
J'trouve rien à me mettre sous la dent
Me décide à sortir, suis agressée par le vent
Suis la route que suivent tous les gens
Pleine de dédales, de détours et d'accidents
Le vent est plus fort que le soleil, j'ai froid
Est-ce qu'un jour la chaleur m'enveloppera ?
Je marche, je marche, je m'éloigne de moi
Et des pages du livre que je ne lirai pas
J'étais tellement bien sous ma couette
Et me voilà face au miroir aux alouettes
Peau d'âne au milieu des Narcisses infectes
Des Candides, des peaux d'chagrin muettes
Je monte dans l'tram, des collégiens s'agitent
Jouent leur comédie, n'en réalisant pas les limites
Croyant être les maîtres du jeu qui très vite
Leur montrera ces failles et ces règles morbides
Des têtes de déterrés ayant perdus le contrôle
Montent à l'arrêt Place Stalingrad et me frôlent
Reflux d'une nuit passée à s'influencer d'alcool
Trop d'affluence, musique sur les oreilles je m'envole
Refrain
Bordeaux, terminus, je descends Place de la Victoire
Je croise ceux qui courent après leur heure de gloire
Des mains se tendent, regards perdus des clochards
Des mômes qui rient, qui pleurent, des vieillards
Des visages marqués de cernes, de bleus, de rides
De ceux qui ont su lire entre les lignes, le vide
Ceux qui savent que leur bouquin est un bide
Et ceux qui rêvent de s'écrire une histoire intrépide
J'continue ma course folle au milieu des boutiques
Marathon d'une journée, d'un roman prosaïque
J'achèterais bien une baguette, un truc ésotérique
Pour faire de ce racontar un conte fantastique
Mais le temps se couvre dans ma tête, la pluie
Les héros d'autres scènes se hâtent que c'est déjà fini
Je prends le chemin du retour, le train d'une vie
Dont je ne suis ni, ni, ni…
Le ciel commence à prendre sa couleur irisée
Douce lumière annonçant la fin de la journée
D'un de ces jours sans fin qui a débuté
Un chapitre d'un livre que j'ai débouté
Je rentre chez moi rejoindre enfin mon lit
Que j'aurais pas dû quitter sans raccourcis
Le spectacle s'achève pour aujourd'hui
Peut-être vais-je m'endormir dans une autre vie.