Lieu de mémoire
La première salle présente le patrimoine architectural de la ville et montre comment Bordeaux se développe au XVIIIe siècle. La ville connaît une forte poussée démographique à cette époque en grande partie, à cause du dynamisme de son commerce maritime.
La seconde salle, Bordeaux Porte Océane, montre comment la ville est devenue l’un des premiers ports européens grâce au commerce atlantique mais aussi à celui du vin vers l’Europe du Nord notamment.
La troisième salle représente L’Eldorado des Aquitains qui restitue sous formes de maquettes la vie dans les « îles à sucre », c'est-à-dire les Antilles françaises mais surtout Saint-Domingue où les plantations sont tenues par des planteurs originaires de Bordeaux et de l’Aquitaine.
Ceux-ci employaient chacun environ 300 à 400 esclaves.
La production des Antilles est composée de sucre, de tabac, de café, d’indigo...
Les archives de La Licorne, navire négrier de l’époque, décrivent avec précision le processus de la traite de Bordeaux vers l’Océan Indien. Dans son carnet de bord, le capitaine relate, la révolte des esclaves sur le bateau, l’arrivée dans les îles, la vente et le retour en Europe.
Huit vidéos sont à la disposition des visiteurs dont une qui met en scène une esclave accusée d’infanticide. Elle a ôté la vie à soixante-dix enfants noirs pour leur éviter l’esclavage.
La dernière salle est consacrée aux Héritages. Elle montre l’apparition du métissage dès le début de la colonisation.
En la quasi absence de femmes européennes, les planteurs prenaient pour compagnes des esclaves noires ou indiennes. Le statut des enfants différaient suivant la légitimité ou non des mariages. Dans le cas d’un mariage légitime, l’enfant prend le statut du père et devient libre. Dans le cas contraire, il devient esclave comme sa mère.
Le grand mur de la diversité a été réalisé par deux photographes bordelais, Loïc Le Louët et Philippe Caumes. Il représente les personnes issues de la diversité à Bordeaux et dans sa région. Des films montrant l’apport universel des héritages créoles dans la musique et la littérature, sont également projetés.
Par définition, les esclaves ne possédaient rien et il est donc ardu pour un musée de retracer leur histoire à partir de traces matérielles.